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Apprendre à ne pas renier son côté sombre

Ne pas renier son côté sombre est important, à l’ère du social media où la positive attitude est présente en permanence.
Aller à contre-courant par moments, c’est de ceci dont nous allons parler aujourd’hui.
Car tout dans ce monde est fait en équilibre, entre lumière et ténèbres.

Si vous êtes comme moi, vous êtes une personne relativement connectée, vous avez devant vos yeux, chaque jour de la positive attitude partout, tout le temps et on la prône comme LE truc à suivre, LA chose à être absolument, sous risque de passer pour une personne déprimée et négative si vous osez montrer votre côté sombre.

Cela part de la psychologie positive, le yoga, le sans gluten, la danse zen, les méditations, les cercles de chant, les ateliers de lithothérapie, le juicing etc etc. Je ne vous cache pas que je fais partie de ces personnes qui aiment ce type de choses. D’ailleurs j’aime poster des messages inspirants sur ma page Facebook ICI pour apaiser le mental de certains, partager de l’amour, de la tendresse. Partager de bonnes ondes.

MAIS j’ai aussi un côté tourné vers les ténèbres, et j’ai appris à ne pas renier mon côté sombre.

Joseph Campbell disait que  » La nuit sombre de l’âme arrive juste avant la révélation » et j’aime particulièrement ces paroles car j’ai vécu cette période à plusieurs reprises dans ma vie, et quelques fois il m’arrive d’y repasser avant une révélation.

Une fois que l’on se déconnecte on se retrouve seuls face à nous-mêmes. Certaines personnes se sentent alors incomplètes, dans la peur, peu sûres d’elles. Peut-être en partie à cause de la comparaison qu’elles font entre elles et tous ses gourous positifs du web qui montrent une image de personnes vivant dans l’abondance, le bonheur et l’amour  absolu. Mais ils ne détiennent pas la vérité absolue et personne ne sait exactement ce qu’ils ressentent lorsque les portes de la visibilité sont closes.

Je me suis rendue compte que je préférais, depuis un moment, suivre des personnes vraies, authentiques qui ne montrent pas qu’une jolie façade et qui n’ont pas peur de partager leurs luttes, leurs moments un peu moins positifs sans se positionner en tant que victimes.
Je respecte les jolis comptes « très façade » et lisses mais je n’arrive plus à y accrocher totalement.

Je peux vous dire qu’avant d’avoir atteint le bonheur absolu, s’aimer inconditionnellement, et que la lumière soit partie intégrante et quasi permanente dans la vie, on passe souvent par une ou plusieurs périodes sombres, floues, remplies de peur, de doutes et de choses inconfortables et sans lumière.

La journée spirituelle que parcoure chaque personne est très personnelle et intime. Ce cheminement nous mène à nous connecter à notre nous profond, afin que l’on puisse commencer à faire des choix venant de notre nous supérieur. Celui qui s’accepte et s’aime tel qu’il est, celui qui n’a besoin de personne pour se sentir complet et heureux. Celui qui se sent à sa juste place, juste envers les autres. Celui qui fait face à la vie et qui surmonte chaque épreuve avec grâce et douleur aussi parfois. Aligné. Ancré.

Dans cette aventure, chaque nouvelle journée est remplie de découvertes mais aussi de jours cruels et durs. Et il est possible de ne pas être une personne super positive et continuer à faire son yoga et méditer. Et même sourire à autrui, lorsque sa seule présence et son regard vous illumine de sa bienveillance.

N’oubliez pas ceci: même si vous passez par une phase obscure vous êtes toujours cette personne merveilleuse, vous êtes encore aimée et vous avez toujours autant de valeur. 

La beauté des phases sombres de nos vies, c’est qu’elles nous font réfléchir autant qu’elles nous tourmentent intérieurement. Mais on y découvre souvent l’amour infini, quelques fois pendant ces phases et nous repassons vers la lumière. Soit avec un peu de recul. C’est pendant mes phases sombres que j’ai appris à m’aimer, à me rendre compte que le bonheur dont j’étais à la recherche était, de fait, profondément enfui en moi. Et qu’il portait un nom: l’amour inconditionnel.

Je me suis rendue compte que le bonheur est intérieur, le vrai bonheur ne vient pas de facteurs extérieurs, même si certains facteurs extérieurs sont agréables et en bonus dans nos vies: comme nos familles, amis, la lumière du soleil sur la peau, que l’on nous apprécie, nos animaux de compagnie.

C’est pendant ces phases où j’étais enfouie dans les ténèbres que j’ai appris à accepter toutes ces émotions intenses que je ressentais, à leur parler, les questionner, les analyser, pour me rendre compte que chacune d’elles avait un message à me transmettre.
Ces pendant mes phases de tourmente que j’ai appris qu’il est important de ne pas renier son côté sombre car il est riche en enseignements. 

sombrer dans les ténèbres

A l’heure actuelle, lorsque je me sens déconnectée ou lorsque je sens que quelque chose n’est pas juste ou OK intérieurement, je ne  penche sur ce qui m’est inconfortable et je m’y plonge intensément au lieu de me dire  » tout ira bien, allez poste un truc super positif » pour qu’on ne se rende pas compte que tu as un moment moins cool dans ta vie.

Faire tomber le masque social et être dans l’authenticité était une de mes peurs les plus profondes. Et finalement depuis que je n’ai plus peur de qui je suis et ce que je suis et que je montre mes phases sombres, on m’apprécie bien plus qu’auparavant, lorsque j’arborais cet air hautain pour écarter toute personne, bonne ou mauvaise, à l’écart.
Des personnes toxiques se sont écartées pour faire place à une solitude immense puis à l’arrivée de personnes merveilleuses. Lorsque j’avais réglé mes comptes avec moi-même.

Les phases sombres font partie de notre cheminement spirituel, on y apprend à faire face à nos croyances, qu’elles soient limitantes ou pas, on apprend à reprogrammer celles qui nous pourrissent la vie et à renforcer celles qui nous portent vers la phase d’éveil suivante.
Elles nous apprennent à nous replonger dans des moments de notre vie, de notre esprit où nous nous sommes sentis blessés, honteux, des moments que l’on tentait d’ignorer. Pour nous guérir ensuite.

Elles nous donnent l’opportunité de lâcher la charge émotionnelle négative liées aux blessures qui pèsent tant, on pleure beaucoup, on ressent de la colère mais on la transforme ensuite en pardon et en amour. Revisiter ces souvenirs douloureux et se reconnecter à notre enfance, ce moment où nous étions encore neutres pour se reconnecter aux émotions enfantines, d’amour, de non pesanteur, d’insouciance.
Les phases sombrent nous apprennent à arrêter de nous mentir, d’être honnêtes envers nous-mêmes, pour ensuite nous engager à ne plus nous saboter, nous juger, nous dévaloriser.

Jusqu’ici vous allez me dire que cela parait fluide, mais que cela vous fait peur.
Et vous avez raison, ces phases de premier abord me tétanisent encore pendant un court moment.
Mais si, de fait, l’aventure vous tente, car je sais que nous avons tous ces périodes noires,sombres, voici quelques questions que je me pose lors de ces phases, selon les ressentis auxquels je fais face. Afin que vous puissiez vous aussi avancer et souffrir moins.

  • Suis-je vraiment prêt(e) à pardonner et à aller de l’avant?
  • Suis-je prêt(e) à voir le passé qui m’a blessé(e) comme un messager ou une leçon?
  • Suis-je prêt(e) à faire de nouvelles erreurs ou des choix qui peuvent s’avérer ne pas être les bons, car la perfection n’existe pas?
  • Suis-je prêt(e) à poser des questions aux croyances qui me tétanisent pour les décoder, les débloquer et avancer?
  • Suis-je prêt(e) à me séparer de relations qui me drainent, qui me blessent , qui ne sont pas juste et qui ne me font pas vibrer, même si cela requière que je me retrouve seul(e) face à moi-même pendant un moment?
  • Suis-je prêt(e) à sombrer dans les ténèbres inconfortables pour ensuite trouver la lumière?
  • Suis-je prêt(e) à accepter que je ne peut pas toujours avoir le contrôle sur des facteurs extérieur, accepter le flou pou avancer?
  • Suis-je prêt(e) à arrêter de me trouver des excuses, par peur d’avancer?
  • Suis-je prêt(e) à faire confiance à la vie, et que ce qui doit se passer se passera. Mais ce qui n doit pas se  passer ne se passera pas?
  • Suis-je prête(e) à accepter que je suis une belle personne qui mérite tout autant que les autres d’être heureuse?
  • Suis-je prêt(e) à m’aimer, inconditionnellement?

Je ne vous cache pas que généralement je verse des larmes lorsque je me pose ces questions, selon la situation dans laquelle je suis inconfortable, ensuite j’écris une lettre à l’ Univers. Soit je la poste réellement, soit je la brûle les nuits de pleine lune.

Je pose quelque part toute cette charge, ses questions et lorsque je reçois mes réponses, je les note dans un carnet spécifique. Ensuite je repasse dans la lumière, j’ai appris quelque chose de nouveau, je ressens de l’amour et de la gratitude envers ma phase sombre et je la remercie d’être passée dans ma vie pour m’apprendre ce qu’elle m’a appris.

Je n’ai pas appris ceci en un claquement de doigt, tout s’est mis en place au fur et à mesure après ma première période d’éveil. J’ai osé aller dans le côté inconfortable.

J’ai ensuite renié mon côté sombre pendant un an, pour ensuite me rendre compte que si je l’éloignais de plus en plus, il revenait à la charge de plus en plus souvent et fort.
Comme s’il toquait à la porte de mon coeur et de mon âme en me disant: fais quelque chose, viens vers moi, écoutes-toi, abandonnes-toi à moi, je suis ici pour t’aider. Et un jour, j’ai décidé de m’y plonger corps et âme.

La première fois que l’on y replonge c’est très intense, sombre, noir, cela fait très peur. Mais on trouve ensuite son équilibre si l’on pose les bonnes questions. On le sent. Lorsque l’on pose les questions et que l’on sent une fraction de seconde cette petite voix qui apaise, c’est que c’est cet axe que vous devez travailler.

Je me suis rendue compte que depuis mon enfance j’étais dans la popularité sans la demander, toujours très entourée mais que cela ne me rendais pas heureuse. Mais en plongeant dans mes phases sombres, je me suis rendue compte que ce qui me nourrissait c’était l’introversion, l’introspection, être moins entourée mais mieux. Que je me sentais plus alignée en étant dans la nature plutôt qu’en compagnie de dizaines de personnes en soirée, que je me sentais nourrie lorsque je passais du temps avec…. moi-même.

Pour arriver à cette révélation j’ai du travailler par couches pendant plus ou moins 3 ans. En retirant les couches de doutes, de peur, de croyances, de blessures, de doutes et de douleur qui étaient présentes comme des parasites.

J’ai pris ce temps, je me le suis octroyé, offert. De moi à moi.

Donc, peu importe le nombre de jus de légumes que vous buvez, peu importe le nombre de sessions de sport et de Yoga que vous pratiquez pour garder votre corps en forme, peu importe le masque social que vous abordez: si vous reniez votre côté sombre, cela ne restera que du travail superficiel. Un jour, il vous sera nécessaire de plonger dans vos ténèbres, vous sentirez ce moment comme quelque juste de juste, effrayant mais juste. Vous verrez cela comme une quête, une aventure, un challenge.

La guérison émotionnelle est la plus complexe et celle qui prend le plus de temps à faire son chemin. Une partie que j’ai reniée pendant 30 ans.

Même si à l’heure où je vous écris je n’ai pas encore éradiqué toute mes peurs, mes doutes, je vois la vie de façon plus sereine, je ressens plus de paix et d’amour. Je la vois comme quelque chose empreinte de magie, et je ne perçois plus les ténèbres comme quelque chose de maléfique ou malsain.
Cela fait partie de moi, cela m’enseigne énormément de choses. Je bâtis mon socle, pierre par pierre. Entre ténèbres et lumière, avec beaucoup d’amour.

Bien entendu je médite, je mange sainement, je ne fais pas de Yoga car je suis atteinte d’une névralgie pudendale qui est là pour m’apprendre aussi quelque chose mais je l’accepte. J’écris beaucoup et j’avance. A mon rythme et sans me mettre une pression. Mais la transformation se passe de l’intérieur.

Une fois que l’on décide de ne pas renier son côté sombre, que l’on décide de façon consciente de s’y plonger corps et âme, de faire face, la lumière que l’on possède tout fait surface. Elle nous rend chaque jours plus sereins, en paix.

La noirceur en vous, vous guidera vers la lumière, vers votre maison intérieure cosy et chaleureuse.

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3 Comments

  1. Gaëlle
    24 mars 2019 / 22 h 58 min

    Il y a quelques mois, je suis allée marcher dans mes ténèbres pour retrouver une pièce de mon puzzle personnel enfouie dans les profondeurs de ma conscience. Au départ, c’était terrifiant comme à chaque fois que j’avais été au bord de ce gouffre immense. Mais après avoir fait le premier pas, j’ai su que ces ténèbres étaient une partie de moi. Depuis, elles ne me font plus peur. Je les accepte et même je les chéris. Elles ne sont plus aussi sobres et froides qu’avant. Mais cette acceptation n’a été possible que parce que j’avais déjà trouvé mon soleil. Au plus profond de moi, je sais que les deux m’accompagnent et me guident. Merci d’avoir mis des mots sur ce que je ressens et vis.

  2. Cindy
    25 mars 2019 / 10 h 32 min

    Article magnifique , merci de me permettre, grâce à ce partage, de réaliser que c’est un passage normal, et que je ne suis pas quelqu’un de dépressive, déprimée et devenue totalement inintéressante pour le monde exterieur , comme j’avais l’impression d’être devenue ces derniers temps , mais que c’est tout simplement une phase de ma vie, qui va me permettre de refaire surface plus authentiquement une fois la tempête passée. Merci

  3. Lily
    10 août 2019 / 19 h 39 min

    Ce texte est merveilleux. Il me fait comprendre beaucoup de choses et, surtout, me pousse à entreprendre cette acceptation de ce que je suis alors que depuis des années, je me fais du mal toute seule…
    À trop vouloir être ce que l’on n’est pas, on s’entoure de mauvaises personnes, on patauge dans un environnement qui ne nous correspond pas. J’ai mis fin il y a quelques mois à cette accumulation morbide qui me faisait du mal. Je vis aujourd’hui une grande solitude mais je n’ai pas peur car jaime être avec moi même, je suis pleine d’espoir, je mène la vie que j’aime et je me sens propre et lavée de tout le faux que je portais en moi.
    Merci pour votre blog, je le consulterai aussi souvent que j’en aurai besoin, comme une petite voix qui me pousse à conserver cette nouvelle ligne de vie. Celle qu’il me faut.

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