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Lorsque le besoin de contrôle pourri la vie

Je vous propose un article/dossier sur le thème du besoin de contrôle.

Pour vous partager mes connaissances sur le sujet, vous parler de mon expérience personnelle. Pour vous proposer des pistes de réflexion afin de vous permettre de vous en libérer progressivement. Ce blog est un blog est avant tout un espace de développement personnel et thérapeutique pour moi, mais aussi pour vous.

Le besoin de contrôle

Pour mettre en place le contexte: la dernière décennie de ma vie a été dirigée par le besoin de contrôle.
Cela a commencé à se mettre en place au début de l’âge adulte, lorsque j’ai remarqué que j’étais assez douée dans la gestion de quelque chose dont je ne parlerai pas car cela reste intime. Jusqu’à ce que j’arrive dans une spirale descendante qui m’a conduite à des hospitalisations répétitives.  Cela a pris quelques années pour que je me sorte de cette situation.

Après être entrée dans la phase de rétablissement, j’ai développé une autre condition qui m’a servi de rappel. Le rappel de ce que j’avais infligé à mon corps, mon esprit et mes proches.

Les dernières 10 années ont été difficiles à vivre et j’ai vécu dans un cycle assez régulier de périodes trépidantes et de grosses déceptions.  Je me suis sentie comme étant dépossédée de mes facultés d’adulte pour gérer les relations avec autrui. Que ce soit au niveau personnel, professionnel.

Ensuite j’ai eu la ferme intention de remettre ma vie sur les rails comme on dit. J’ai été menée par la détermination, je me suis foutue la pression pour y arriver. Comme si c’était une mission de vie. Le truc le plus important,  presque vital.
Et cependant, à ce moment, je n’étais pas vraiment diagnostiquée ou encore soignée. Je m’en suis rendue compte avec le recul.

Il y a un an et demi, plus ou moins, j’ai repensé mon approche et mon mental a commencé à changer.

C’est arrivé soudainement, je participais à un défi sur le net et il était demandé de réfléchir aux bons et mauvais moments des 5 dernières années, de les poser sur papier pour faire le bilan. En posant ces moments sur papier et en faisant le point, cela m’a sauté aux yeux. Ma vie était dans le besoin permanent de tout contrôler pour me sentir en sécurité. C’tait devenue soudainement clair.  Il était nécessaire que je me calme.

Plutôt que de vivre dans cette espèce de lutte permanente, il était nécessaire que j’apprenne à accepter certaines choses et vivre avec.  M’écouter, me respecter. Parce que clairement, cela n’avait pas été le cas.
Alors oui mais comment, j’en parlerai plus avant, cela n’a pas été facile mais depuis que je travaille sur le fameux lâcher prise qui reste flou et qui fait peur, ma qualité de vie s’est améliorée de façon exponentielle. Oui, carrément!

Dans mon cas, le besoin de contrôle est né dans cette croyance que contrôler c’était la sécurité, la vérité absolue, le bonheur et le succès aussi. Si je pouvais contrôler les paramètres, j’atteindrais ces objectifs.
Actuellement, je considère que le besoin de contrôle peut devenir toxique s’il prend le dessus et causer stress, dépression frustration, colère.

J’ai analysé ce besoin incessant de tout contrôler. Je me suis rendue compte que dans le fait de vouloir tout contrôler, c’était en fait le besoin lui -même qui me contrôlait…vicieux!

Les dangers du contrôle

Nous sommes amorcés pour contrôler. Ce que nous apprenons à l’école et comment nous l’apprenons est fixé et réglementé, nous poussant à détenir un certain savoir pour obtenir un diplôme. Ou une promotion. Nous sommes poussés à choisir une seule orientation et à développer le fameux plan de carrière. Un plan de carrière clair, structuré comportant les étapes pour y arriver. Y arriver et surtout pour y rester. Tout nous pousse à essayer de contrôler: l’apprentissage, l’école, les relations sociales, la carrière, la pension.

Quelques fois cela me rend triste de voir la majorité de la population se battre pour cette façon de vivre. peut-être parce que je suis multipotentielle et peut-être parce que j’ai été sous l’emprise de ce besoin de contrôle tellement longtemps que j’ai ouvert trop grand les yeux et saisi la vue globale du truc.

Cette vision selon laquelle suivre le mouvement de masse, et qui fait  en sorte que l’on sente que l’on a le contrôle de notre vie et que c’est ce contrôle qui nous conduira au bonheur absolu… est totalement fausse.
Les attentes que nous avons, ce besoin de contrôler tous les paramètres pour y arriver nous contrôlent nous en fait.
Et en étant soi-même contrôlé et piégé, nous ne sommes plus en mesure de prendre des décisions basées sur les valeurs profondes que nous portons ou avons portées un jour.

Peu étonnant que la crise du quart de siècle ou de la quarantaine soient présentes et chamboulent.

Le contrôle résiste à la liberté, à tout ce qui a un sens profond. Il résiste à l’ouverture de tout ce que peut offrir l’univers, toutes ces possibilités simples, saines et efficaces qui conduisent au bonheur, le vrai. Pas le bonheur matériel.
Le contrôle illumine un seul chemin et vous fait penser qu’il est l’absolu, la seule façon de gravir les échelons. Mettant dans l’ombre tout le reste.
Le contrôle bloque la vie qui pourrait circuler en vous, vous rendant réellement vivant.

Je sais que dit de la sorte, on dirait une perchée de la pépite mais j’ai vécu tout ceci de façon tellement intense que je ne peux pas y poser d’autres mots.

la bonne nouvelle? On peut se libérer du besoin de contrôle, et j’aimerais vous partager ci-dessous quelques pistes, basées sur mon expérience personnelle. De moi à vous, en toute simplicité.

 

comment lâcher prise

Changez votre état d’esprit, votre façon de penser

Cela parait super flou et difficile à faire, mais en fait c’est facile.
Respirez…. prenez 3 inspirations profondes en vous arrêtant. Fermez les yeux. Ca va déjà casser le trip dans lequel vous êtes.

Si vous êtes en train de stresser parce que vous ne savez pas quoi porter pour aller bosser, faites une pause.
On passe énormément de temps à penser à l’image que les gens ont de nous physiquement qu’on en oublier de kiffer, on passe dans le besoin de contrôler chaque détail pour être accepté et du coup se sentir heureux. On oublie d’être soi.
On oublie la beauté du vêtement sur lequel on craque, la matière qui touche notre peau. De comment ce vêtement éthique nous a pris aux tripes.
On oublie de s’aimer avant de penser aux autres. On oublie d’être heureux. De se sentir belle/beau sans compter sur les autres.

Si vous être crevé(e) parce que vous ne prenez pas assez de temps de pause ou de repos, que vous voulez à tout prix être dans la même énergie que les autres pour rentrer dans le moule.
C’est essayer de contrôler votre corps, qu’il fasse ce que vous voulez pour rentrer dans le schéma que vous pensez être l’absolu pour: avoir une promotion, gravir les échelons, devenir populaire et adulé, être accepté dans un certain cercle…
C’est lui dire: ta gueule, je veux et j’y arriverai, que tu le veuilles ou pas.  C’est ne pas écouter ce corps qui nous porte toute notre vie, c’est ne pas se respecter, s’oublier.

Le besoin de contrôle nous fait oublier le coeur à coeur, les connexions qui rendent heureux. Ces choses que l’on ne contrôle pas et qui sont ” nous”.

Je vous propose de vous poser ces questions et d’y répondre dans un carnet:

Es-ce que ce que je désire actuellement et qui me pousse dans ce besoin de contrôle m’est réellement nécessaire, es-ce que cela va me rendre vraiment heureux/heureuse. Si vous pensez que oui, comment cela va t’il améliorer votre vie, dans le bonheur, le vrai qui transcende?

Es-ce qu’il est vraiment nécessaire de me réveiller à 5 heures du matin pour aller à la salle de gym avant le boulot, y passer un heure et demie trois fois semaine et nager le dimanche… ou es-ce que je vais pouvoir faire face à ma peur de ne pas être dans la perfection d’un corps parfait? Qu’es-ce pour moi le corps parfait? Pourquoi es-ce que je pense que ce corps est parfait? Qu’es-ce que cela va m’apporter d’arborer peut-être ce corps parfait l’été prochain? Dans la partie bonheur plutôt que dans la partie égo qui crie: montrer un corps parfait cet été, aux autres pour qu’on me complimente… Es-ce que je ne vais pas épuiser mon corps?

Es-ce que cela me rend heureux de travailler 60 heures par semaine? Es-ce que je travaille ces 60 heures par semaine parce que je kiffe ce que je fais, que cela me transcende? Ou es-ce que je travaille 60 heures par semaine pour atteindre une possible promotion au travail ou pour atteindre les objectifs fixés par un patron qui n’a pas envie d’engager, ou qui ne se rend pas compte de la situation? Ou pour atteindre une promotion pour faire en sorte que les gens vous admirent?

Posez-vous également cette question: êtes-vous heureux/heureuse dans votre routine de contrôle actuelle?  Vous sentez-vous complètement vous? es-ce que cette routine vous transcende? Ou pas?
Si pas, il faut vous poser et repenser le tout….pour trouver ce qui vous rend heureux et exploiter ces moments où vous vous sentez calme, posé(e), heureux/se, passionné(e), transcendé.

D’où la suite:

Redéfinir/casser votre routine 

Nous sommes en constante évolution. Et ça c’est vraiment beau.
De ce fait, notre routine actuelle qui nous transcendait l’année passée peut devenir fade, et ne plus répondre à ce que nous désirons au plus profond de nous- mêmes.

Comment s avoir le matin que la routine que nous avons mise en place nous apportera chaque jour la même sensation de bien-être? Nous ne le savons pas.
La routine peut nous faire oublier quelques fois de nous poser la question: es-ce qu’elle me procure toujours du bien-être, elle devient automatique. Elle nous fait oublier de nous poser la question sur le moment: là tout de suite, qu’es-ce qui me ferait vibrer?

C’est ce que j’ai découvert: garder la même routine pendant de longues périodes ne servait pas à mon bien-être. J’ai découvert que briser les routines et automatismes me procuraient un bien-être simple et tellement bon.

Essayez quelque chose de différent. Comme un petit déjeuner qui vous contente vraiment. Prendre le temps de déjeuner un bon pancake avec de la banane et du chocolat avec un bon thé. Ou prendre le petite déjeuner le samedi dans un superbe endroit avec la personne qui partage votre vie ou une amie/un ami.

Prenez un itinéraire différent le matin pour aller travailler, de temps en temps.

Eteignez votre pc ou votre télé une à deux fois par semaine en milieu de semaine pour bouquiner ou appeler un ami. Ou encore dessiner, écouter de la musique, vous balader.

Essayez la spontanéité et pourquoi pas de temps à autres un peu de rébellion cadrée.

Ignorez ce que vous devez faire pour vous demander ce que vous aimeriez faire. Et faites-le.

En changeant votre routine et vos automatismes, vous laissez de l’espace pour de nouvelles possibilités. Et soyons honnêtes: un peu de motivation et d ‘exaltation.

 

Relâcher la  pression

Nous vous mettez pas toujours la pression pour être toujours dans une sensation de réussite.
Vous avez le droit à ce que, par moments, votre vie soit confuse, votre moral pas au top. Lorsque ces moments font irruption dans votre vie, respirez et acceptez.

Personne ne peut être parfait H24. La vie n’est pas un long fleuve tranquille et régulier. C’est cyclique. Tout l’est.
Dans ces moments, prenez du temps pour vous poser, méditer, lire, boire un bon verre de vin ( ou autre boisson que vous kiffez) et relâchez la pression.

Répétez à haute voix: j’ai le droit de ne pas être au trop, je suis humain(e), je suis… triste/en colère…. et ce n’est que cyclique.

Posez-vous également un moment pour mettre le doigts sur les origines de cette pression que vous vous infligez.
Es-ce que vous vous mettez la pression pour ressembler à un dérivé de ces femmes parfaites que vous voyez sur Instagram?Es-ce que vous vous privez de ce voyage au Mexique dont vous rêvez depuis 10 ans pour octroyer vos économies à l’achat d’une maison parce que c’est l’étape la plus similaire à ce que font les autres dans le schéma habituel?
Es-ce que le fait d”avoir ce job qui vous donnera accès à une maison dérivée d’un magazine de déco est le signe du succès ou de la maturité? Ou es-ce un signe de l’égo qui crie?

Pensez à ces moments où vous êtes fatigué(e) lorsque vous revenez du boulot. Lorsque des éléments mineurs vous mettent presque hors de vous: les feux rouges à répétition, les autres conducteurs qui vous semblent agressifs, lorsque vous regardez l’heure sans cesse en vous disant que vous n’y arriverez jamais.

Vous êtes déjà en train de prédire les moments suivants: vous excuser vous votre retard, rejeter la faute de votre mauvaise humeur sur les mauvais conducteurs sur le chemin du retour, et de comment les gens vous vous percevoir ( irrité(e) et fatigué(e) et déjà culpabiliser en vous disant que vous aimeriez être moins stressé.

Comparez ces moments à des moments où vous êtes fatigué(e) mais sans plus, lorsque vous partez 10 minutes plus tôt pour être à  l’aise ou anticiper s’il y a un souci sur la route. Comparez à ces moments où cela ne vous stressera pas de devoir vous arrêter à un feu rouge, où votre conduite sera plus calme. A ces moments où vous mettrez de la musique en voiture et chanterez.  Lorsque le temps redevient un simple détail, lorsque vous ne penserez pas à 1000 choses stressantes parce que vous arrivez à être dans l’instant présent, en train de kiffer votre trajeet.

Si, je vous assure, c’est possible. J’en suis la preuve vivante!

C’est la grande différence entre la pression du contrôle et le besoin de le ressentir et permettre à la vie de couler simplement. La pression du contrôle vous oblige à trop penser, d’être en stress constant. Pendant que la faculté de lâcher prise sur les détails vous permettra de vous sentir calme, non stressé, ouvert(e) à plein de chouettes choses.

Prenez du recul et évaluez ce qui vous contrôle et comment, à quel moment. Notez ce qu’il en ressort.
Agissez en fonction de ce qui sera ressorti. Une action par jour, de façon permanente.

Laissez l’emprise du besoin de contrôle diminuer pour disparaître, petit à petit, sans vous mettre la pression.
N’ayez pas peur  de ne pas pouvoir tout contrôler, car vous ne le pouvez pas.
Acceptez que la vie n’est pas faite de moments et personnes parfaites, la beauté réside dans l’imperfection.
Acceptez les moments de bonheur simple, savourez les.

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2 Commentaires

  1. 19 janvier 2018 / 23 h 08 min

    Je trouve super ton article 🙂 Et je suis entièrement d’accord avec toi. Depuis deux ans, je travaille pour relâcher un maximum. Et j’y suis presque à 100% ! C’est pas mal tout de même ! En tout cas, tes conseils sont parfait, et je les valide à 100% 🙂

  2. 22 janvier 2018 / 11 h 53 min

    Tu as eu une belle réflexion sur le sujet. Ce contrôle peut être salvateur et même indispensable pour certaines personnes qui seront ainsi rassurées par ce style de vie bien contrôlé. Après, je pense que chacun doit apprendre à se connaitre et mettre en place quelque chose qui lui correspond au mieux afin d’être bien.

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