Accueil » Danish Girl: mon avis d’hypersensible

Danish Girl: mon avis d’hypersensible

Danish Girl….toute une histoire, une vraie et belle histoire…

Je ne vais pas vous cacher que le cinéma et la musique ont une place importante dans ma vie d’hypersensible. Je ne peux passer une journée sans écouter de la musique ou regarder un film. Je sais qu’ en ce qui concerne la musique, elle a tendance à transporter les hypersensible vers différentes émotions intenses. Elle nous raccroche à un souvenir, nous plonge dans une émotion… De mon côté, je vis la même chose avec le cinéma. Je perçois des détails qui paraissent minimes pour mes amis et mes proches. Je leur parle de détails qui m’ont marquée, mais qu’ils n’ont pas du tout perçus ou vus pendant le visionnage de films…

Un film attendu: The Danish Girl

Cela faisait quelques mois que j’attendais de pouvoir aller voir The Danish Girl de Tom Hooper au cinéma. Le trailer m’avait troublée, il avait suscité ma curiosité. Sachant que ce film se basait sur un livre et étant souvent déçue des transpositions cinématographiques de livres ayant bouleversé mon coeur… j’ai décidé de lutter contre l’envie de lire ce livre qui a servi de base pour ce film: Man into Woman: The First Sex Change. Maintenant que j’ai vu le film, je suis encore plus attirée par la lecture de ce livre, que je ne tarderai pas à me procurer pour creuser ce sujet…

The Danish Girl, un film que je mourrais d’envie de voir mais que j’ai presque été voir à reculons…J’ai lu tellement de critiques négatives que j’ai failli abandonner l’idée de dépenser quelques euros pour me rendre au cinéma, et toutefois j’étais titillée par le trailer. Je remercie donc mon amie Mj d’avoir proposé d’aller le voir avec elle. Parce que ce film m’a bouleversée, d’ailleurs deux jours après l’avoir visionné j’y pense encore. Je pense d’ailleurs me laisser tenter par un deuxième passage au cinéma pour capter les détails que je n’ai pas assimilés la première fois…

film sur le transgenre

J’ai vu The Danish Girl en tant que personne, absolument pas en tant que critique cinéma…car les critiques que je vois sont techniques, bourrées de généralités écrites souvent par des personnes qui ne vont pas chercher l’émotion…

La naissance d’un mythe: Danish Girl

Lili Elbe a été la première personne a avoir le courage de se battre pour devenir elle-même dans une époque difficile, à outrepasser les codes de l’époque au lieu de subir un corps qui ne lui était pas adapté, ni destiné et qui a décidé de se dresser contre le monde pour elle mais pour ouvrir un nouveau chemin pour toutes les personnes qui sont nées dans un corps inadapté. Et je pense sincèrement que les personnes transgenre qui se sont déchaînées contre ce film sur la toile devraient peut-être cesser de penser qu’elles ont été mises de côté par Tom Hooper et réfléchir au fait que ce moment de vie s’est passé il y a plus de 80 ans. Dans une société où être homosexuel était considéré comme une maladie mentale, que l’on devait soigner par des électrochocs…prouver qu’il existait une autre forme de configuration médicale et psychologique, le fait d’être intersexué semblait impensable et impossible…mais elles l’ont fait!

Lili Elbe, comme elle décida de s’ appeler après es opérations était née dans un corps d’homme. Elle était légalement née Einar Wegener, un renommé peintre danois. Einar  était tombé amoureux de Gerda. Mais revenons-en au film, après avoir lu le livre sur sa vie, je pourrai vous faire un film versus livre…

Dès les premières minutes de ce film règne un académisme maîtrisé à la perfection. Il est fortement axé sur l’incroyable histoire d’amour entre Einar/Lili ( interprété par un Eddie Redmayne touchant ) et son épouse Gerda, qui portera jusqu’à sa mort son époux et ensuite Lili ( interprétée par Alicia Vikander qui est selon moi la véritable cause de la naissance de Lili, de son éclosion). Alicia Vikander joue un rôle intense, en alliant pureté et simplicité, tout en jouant avec l’intensité. Même si Eddie Redmayne était parfait dans ce rôle, je pense sincèrement qu’ Alicia Vikander était l’ héroïne de ce film. Elle rend un bel hommage à une femme exceptionnelle qui a permis de briser des tabous et faire avancer le monde en quelque sorte.

Einar est un peintre adoré par la société danoise, il se spécialise dans la peinture de paysages et Gerda, qu’il a connu pendant ses études aux Beaux-Arts s’est spécialisée dans la peinture de portraits mondains, domaine dans lequel elle n’arrive pas à percer réellement. Ils vivent une vie heureuse en couple, tentant de devenir parents depuis quelques années, sans y parvenir. On apprendra hors film par le biais de lectures que lors d’une des 4 opérations de réattribution sexuelle subies par Einar ( alors que deux uniquement son citées dans le film), on comprend qu’il était alors intersexué, des organes féminins découverts dans son abdomen ( ce qui explique sa stérilité masculine).

C’est lors d’un désistement de dernière minute d’un modèle qu’ Einar se prête à la demande de son épouse: porter des bas et ballerines et mimer la position de son modèle absent pour qu’elle puisse avancer sur son travail. Il découvre alors une émotion troublante et intense au toucher des étoffes féminines et délicates. Percevant son corps tout autrement, de façon délicate et féminine.

einar wegener scène peinture

C’est le déclic, il ne comprend pas, il se trouble. Il veut aller plus loin et réitérer seul cette expérience pour découvrir ce qui se passe en lui à ce moment.  On lui donne par jeu le prénom de Lili. Lili qui émergera petit à petit dans la vie d’ Einar et de Gerda. Gerda, qui ne se rend pas compte de toutes les questions et le cheminement qui sont ressenties/ vécu  par son époux. Elle poussera même Einar à se présenter lors d’un bal mondain déguisée en Lili pour surprendre l’assemblée. En la faisant passer pour une cousine de Einar.

Gerda bouleversée par Einar

Au fur et à mesure du film on ressent qu’ Einar se perd et que Lili prend place. On voit que Gerda se perd également, qu’elle perd son amour qui est le piller de sa vie. Qu’elle est désespérée, qu’elle culpabilise, que son amour lui manque, qu’elle perd pied, qu’elle se déchire. Mais par une force incroyable, elle reste aux côtés de Einar et s’engouffre avec force sur le territoire du transgenre, jusque là inconnu. Un amour véritable que la barrière d’une attribution sexuelle ne brisera jamais…

On passe en revue rapidement et de façon pas assez profonde à mon goût les étapes de visites médicales et préjugés, de la peur de la première opération. Du retrait social de Einar qui arrête de peindre pensant que cela appartient à son ancienne vie et plus à sa personnalité de Lili. Il pousse Gerda à se mettre en avant, Gerda qui trouvé en Lili sa muse, le modèle qui fera décoller sa carrière de peinte…

C’est une fabuleuse histoire que ce film raconte tout en délicatesse et sans aucune vulgarité mais d’une violence mentale incroyable. #thedanishgirl

Une histoire que Tom Hooper aurait pu pousser plus loin dans l’émotion, dans le combat intérieur de Einar, la violence de la société de l’époque au sujet des apparitions publiques d’ Einar alors opéré…Ce film aurait été bien plus que bouleversant en y incluant plus de réalité crue, il aurait été tout simplement magistral…On y raconte le passé pour parler du présent, c’est juste magique et tellement triste, car plus de 80 années plus tard, les transgenres sont toujours persécutés, moqués alors que leur combat est tout simplement de se battre pour une cause qui leur semble juste, pour devenir simplement qui ils doivent être…

avis film the danish girl

Les costumes, les décors et la photographie de ce film sont académiques mais très bien réalisés. Tout m’a semblé beau…La musique d’ Alexandre Desplat venant ajouter une touche « parfaite ». Des mots tels que subtil et élégant contrastent avec des mots comme intensité, engagé, poignant.

Ce film m’a remuée, bouleversée,  par moments je me suis sentie comme Lili. Totalement perdue dans un combat mené, les sanglots montant dans ma poitrine, les larmes montantes que j’ai refreinées par pudeur. Emotions lâchées en rentrant dans ma voiture, comme si j’avais vécu ce film de l’ intérieur…Comme si j’avais perdu l’amour de ma vie mais gagné la capacité d’aider, d’aimer encore plus fort et de faire avancer le monde. La fin est brutale, on se s’attend pas à ce dénouement aussi rapide…

gerda et einar

En 2016 nous sommes tellement en retard sur l’acceptation de l’autre, j’espère sincèrement que Danish Girl pourra faire évoluer quelques peu les mentalités bornées pour permettre aux personnes intersexuées et transgenre de pouvoir enfin vivre ce que nous méritons toutes et tous sur terre: le bonheur en toute simplicité….

Partager:

3 Commentaires

  1. 13 février 2016 / 20 h 04 min

    Je trouve ton article très juste
    Ce film m’a laissé une drôle d’impression, il m’a assez troublée. Je pense que je n’avais jamais ressenti autant d’émotion avec un film en fait. Alicia est magnifique, ce déchirement entre son amour/dévouement et le fait d’avoir du mal à accepter et de s’en vouloir en même temps (enfin, c’est comme ça que je l’ai ressenti). En voit vraiment qu’elle bataille contre elle-même, interprétation très juste.
    Alors pour Eddie (je ne cache pas que c’est mon chouchou depuis un certain temps), il m’a complètement bluffée. Très sensible, touchant, j’en ai oublié l’homme pour juste me concentrer sur la femme, c’était juste Lili, comme si c’était une évidence en fait.
    Voilà, contente d’avoir pu lire ton avis pcq je ne connais pas beaucoup de monde qui l’aie vu dans mon entourage
    bise

    • corinne
      Auteur
      13 février 2016 / 20 h 28 min

      Coucou! je suis ravie de te voir par ici 🙂 c’est un film qui restera je pense dans mes préférés 🙂 gros bisous!

  2. 15 juillet 2017 / 22 h 44 min

    Je me suis empêcher en quelques sortes de regarder ce film tellement la bande annonce ma retourné et a touché quelques choses en moi il est sur ma liste des films a regarder seule et en journée pour ne pas passer ma nuit a réfléchir. Bravo pour ce blog Corinne il est magnifique je retourne a mon livre un thriller bien tragique et que j’assume complément sans m’excuser d’aimer les livres qui dépeignent des êtres instables psychologiquement

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *