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J’ai peur d’aimer

J’ai peur d’aimer…et  je sais pourquoi cette peur m’habite. Parce que j’ai associé l’ amour à la souffrance. Mais je ne sais pas comment m’en libérer…

Je suis hypersensible, ça on l’a compris depuis un moment. D’une sensibilité extrême qui rythme ma vie. Cette sensibilité qui me rend quelques fois la vie rude. Il ne faut pas se mentir, être hypersensible est certes un don et cela nous rend puissants. Mais cela nous use également. Il y a des moments de doute et de souffrance malgré tout.

Et moi j’ ai peur d’aimer, parce que lorsque j’aime, j’aime à en crever…

Je pense que cette peur d’aimer vient de mon vécu, de mon histoire et de mon passé. Lorsque je me pose pour y réfléchir, cela me transperce le coeur et me remue fortement de l’intérieur. Cela fait resurgir des souvenirs de bonheur mais aussi de grande souffrance, car les personnes que j’ai aimées à en crever sont mortes ou on fini par m’abandonner. A chaque fois un trou béant s’ est ouvert, sans que je puisse le combler.

A chaque fois je me suis effondrée comme un château de cartes, cela m’a brisé le coeur et l’ âme et j’ai du me reconstruire tant bien que mal. Malgré ma force et le fait que j’y arrive, cela ne veut pas dire que cela a été facile, cela ne l’a pas été. Et Dieu sait combien j’ai eu mal, combien j’en ai chié. Cela me fait penser à Twilight, quand Edward laisse Bella, lorsqu’elle a mal à en crever, lorsqu’elle se laisser aller, lorsqu’elle ressent ce trou béant dans sa poitrine, lorsque tout semble fade et sans aucun sens.

J’ai peur d’aimer une personne et de me laisser porter parce qu’au plus je vais l’aimer, au plus dur ce sera de la perdre par la suite. Car fatalement, cela arrivera. Cela me fait fuir…je trouve un million d’excuses pour me persuader que cette relation n’est pas faite pour moi et qu’elle échouera, avant que je ne sois complètement et totalement, irrémédiablement amoureuse de la personne…

J’ai aussi peur que l’on me rejette, parce que je suis différente. Je réagis fortement aux émotions et cela peut faire peur à l’autre. J’ai peur que l’on ne puisse m’aimer telle que je suis et que l’on m’abandonne. Que l’on se rende compte de mes imperfections profondes que je ne pourrai pas changer.
J’ai peur de ne pas convenir à l’autre parce que je ne fonctionne pas comme la majorité des personnes.
J’ai peur de me montrer telle que je suis: écorchée vive, puissante, quelques fois fragile, imparfaite, exigeante. J’ai peur de montrer mon côté profond, celui où je suis tendre, amoureuse, protectrice, amoureuse, intense mais vulnérable, lorsque j’ai peur.

Et cela me rend vulnérable. J’ai peur de l’ inconnu et de la réaction de l’autre. J’ai peur de m’exposer, de m’ouvrir, peur que l’autre m’affecte trop, c’est prendre des risques.
J’ai peur de souffrir et je me referme comme un coquillage.  J’ai peur d’accorder ma confiance trop vite et ensuite me rendre compte que je n’aurais pas du. je place mon amour et ma confiance en une autre personne, je lui donne une ouverture vers mon moi profond, une ouverture qui peut m’affecter et qui m’expose. Mon mécanisme de défense est mis à rude épreuve. J’ai peur de me tromper malgré le fait que je ressente fortement l’autre. Et souffrir. Et m’effondrer, et devoir encore me reconstruire.
J’ai beaucoup de mal à me livrer entièrement. Je reste sans cesse sur la défensive.

Lorsqu’un regard a suffit pour me percuter le coeur, quand un seul baiser a réussi à me faire trembler de l’ intérieur. A faire battre mon connard de coeur à 1.000 à l’heure. Vraiment effrayée de cette ouverture, des émotions qui affluent et qui font resurgir les blessures du passé et mes peurs les plus viscérales. Et de ce que cela engendre: crise d’angoisse, crise de pleurs, humeur exacerbée, douleur béante.

Naviguer pendant quelques jours sans savoir comment me comporter, si je dois continuer ou fuir et me protéger, au risque de rater l’amour de ma vie…même si je n’y crois pas, j’ai envie de vivre un amour qui puisse me transcender: un amour heureux, un amour qui ne me blesse pas comme les précédents. Un amour qui me rende forte, qui me porte, un amour où je me sens protégée et en sécurité. Un amour sincère et beau. Et puis je sais que cela ne sera pas possible, je ne connaîtrai jamais un amour qui me transcende, parce que l’autre ne sera pas hypersensible ou moins sensible et ne m’aimeras pas à en crever. Dure réalité.

Aujourd’hui j’ai 37 ans, j’ai aimé et j’ai souffert. J’ai 37 ans et je ne veux plus avoir peur d’aimer. Avant je pensais que le meilleur moyen de ne plus souffrir était de me refermer à toute émotion, à  ne pas essayer de monter sur le ring. C’était pour moi le meilleur moyen de ne pas prendre des coups, de ne pas tomber. Mais je me rend compte que ne pas monter sur le ring c’est également ne pas me donner la chance de gagner un round, ou le match. C’est me refuser la possibilité de vivre une belle histoire avec une belle personne qui pourra, peut-être m’aimer telle que je suis.

Mais je ne sais pas comment y arriver….ne plus ressentir ce danger…Vaincre la peur de l’amour et tout ce qui en découle cela devra passer par me confronter à mes peurs, les accepter et accepter de me donner à quelqu’un… entièrement…lâcher prise…

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5 Commentaires

  1. 24 juin 2016 / 16 h 11 min

    Mon dieu, si tu savais comment j’ai pleurer en te lisant.. Beaucoup d’émotions sont ressorties de moi et ton texte m’a beaucoup touché.. woooh <3

    • corinne
      Auteur
      25 juin 2016 / 11 h 35 min

      Bonjour. Cela me touche de lire ton commentaire. J’ai beaucoup pris sur moi pour publier ce morceau de moi. Bisou

  2. Hélène
    5 août 2017 / 9 h 36 min

    C’est à peine croyable à quel point j’ai cru me voir en te lisant. Merci à toi de te livrer avec autant de transparence
    J ‘ai 35 ans, hypersensible et perdue dans ce monde auquel je ne ressemble pas…
    J’ai moi même beaucoup souffert (en amour surtout).
    Une histoire de 10 ans, qui m’a détruite.
    J’ai aimé passionément (car nous les hypersensibles ne savons pas aimer autrement), un homme égoiste, qui ne pensait qu’à lui, pour lequel je me suis complètement oubliée
    Un homme différent pour lequel j’ai fait tous les efforts possibles pour comprendre sa différence et l’accepter tel qu’il était et qui au bout de 10 ans d’amour, de patience, d’écoute a disparu de sans laisser un mot.
    Deux ans après son départ, je rencontre un homme adorable, passioné, drôle, tendre avec qui je vis depuis 1 ans.
    Malgré toute sa tendresse et sa patience, impossible pour moi de lui faire confiance, je me braque, me renferme dès que le moindre grain de sable fait surface, par peur de souffrir à nouveau.
    Je suis partagée entre le fait de me montrer telle que je suis (douce, aimante, passionée, rêveuse) et la crainte de me dévoiler telle que je suis par peur d’être décue à nouveau
    Je vascille en permanence entre l’idée d’oser croire en une merveilleuse histoire et l’envie de fuire au plus vite pour ne prendre aucun risque.
    Comme tu le dis si bien, l’hypersensibilté est un don qui nous permet de vivre chaque instant de façon intense et profonde mais ne nous laisse aucun répis.
    Etre hypersensible c’est sentir chaque chose avec une intensité extrême, rechercher un sens à tout ce qui nous entoure et à tout ce que nous entreprenons. C’est aimer mais attendre d’être aimée avec la même intensité, ce qui, à moins de rencontrer un homme lui même hyppersensible, s’avère quasimment impossible.
    Déjà toute petite je disais à mes parents que la vie ne vaut d’être vécue qu’avec force et que je ne me contenterai pas d’être juste là, sur terre, mais que cette vie devrait avoir du sens, toujours plus de sens.
    Par ce post, mon intention n’est pas de me raconter uniquement mais te dire aussi qu’il existe très certainement plus de personnes telles que nous, Nous sommes différentes, et sauf preuve du contraire, la vie a toujours été plus difficile pour les personnes différentes, qui ne rentrent pas dans le moule. Souvent je me dis que ma vie serait tellement plus simple si j’étais “normale” mais elle serait aussi beaucoup plus fade.
    J’essaie de vaincre chaque jour cette peur latente de souffir, c’est un long combat qui s’annonce j’en suis consciente, mais j’imagine que cela fait partie de l’apprentissage de soi.
    Merci encore à toi de t’être livrée ainsi, et si cela peut t’encourager il me semble bien qu’il s’agit d’une vraie preuve de confiance (pour une fois…)

    • corinne
      Auteur
      5 août 2017 / 23 h 22 min

      Bonjour Hélène,
      je te remercie d’avoir partagé avec moi ce bout de toi. Cela me fait plaisir. Je pense que nous sommes nombreux dans cette situation, sans peut-être oser en parler. En tout cas, cela a été très thérapeutique pour moi de créer ce blog et de parler de choses qui me touchent vraiment fortement. Je me dis souvent aussi que j’aimerais être dans la norme, puis je me ravise car je sais que j’ai cette chance de percevoir la vie et l’univers autrement. C’est finalement un don, de passer sur Terre et de ressentir. Au plaisir de te relire bientôt!

  3. Emmanuel
    25 mars 2018 / 22 h 18 min

    Bonsoir.
    En tant qu’ homme hypersensible, je reconnais beaucoup de paradoxes ou points évoqués par tes soins…
    Cette nécessité d’ aimer et d’ être aimé tout en ayant peur… Pas simple.
    Le sentiment de perte projeté ou réel est également très perturbant.
    Être compris paraît être un point crucial dans notre démarche, pour nous sentir validés en quelque sorte. L’ effet miroir nous manque lié à notre ” différence”.

    Mes pîstes, si je puis me permettre) apprendre à s’ aimer ( perso: yoga, psychanalyse), aller vers ce qui nous plaît ( activités ) pourquoi pas aller vers ceux qui nous ressemblent ( même si ce n’ est pas une garantie absolue… par ailleurs se pourrait t’ il qu’ une relation entre un non hypersensible et un hypersensible soit source de possibles… Je laisse cette question à votre appréciation… Mais il me semble que l’ amour puisse se passer de ce ” clivage”… )

    Lâchons prise. Ayons confiance en la vie, prenons soin de nous et voyons si la personne en face est réellement en capacité de nous apporter de l’ affection et pour finir ( ça me fait bizarre de le dire 😉 ) ex- pé-ri- men- tons.

    Lumineuses pensées.

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